Torres del Paine : bivouac à la laguna Azul

Eux: « Alors, vous allez maintenant à Torres del Paine? » – Nous: « Ben oui, ben ouais, forcément, bien sûr… » Eux:  » Voilà ce que nous on a fait: il vaut mieux passer par là, beaucoup de vent, etc… », Nous: « Ah ouais, ça a l’air top… » Mais en fait on ne savait pas trop quoi à s’attendre, cela semblait Le parc chilien à « faire », à voir… Puis, à l’approche du parc, trois montagnes en forme de tour se distinguent dans l’horizon. On a l’impression de se rapprocher de l’oeil de Soron comme dirait l’autre (à quoi je fais allusion??? test :-)). C’est drôlement impressionnant… et pourtant elles ne dépassent pas les 2800 mètres. Premiers bivouacs au bord de la laguna azul, un vent à décorner les boeufs mais une vue imprenable sur les tours. Nous avons la chance de les voir car d’autres voyageurs, qui nous ont précédé sur Torres del paine n’ont eu que de la pluie et du vent paraît-il. Les deux premières journées seront consacrées au rangement et nettoyage du camping-car, galipettes dans la prairie pour les enfants, petites balades autour du lac.
A la fin de la deuxième journée, 8 lions viennent faire une halte près de nous. Cette jolie famille réalise un tour du monde (www.lemondedeslions.com) et explore depuis quelques semaines le continent sud-américain. Nos deux petits loups n’ont pas tardé à se rapprocher des plus jeunes de la bande! Jeux et complicités.

Le mythique canal de Beagle

Avant de quitter définitivement la magique Terre de Feu, voici un texte de l’historien de l’étape, j’ai nommé Gilles, le papa de Lionel, qui a eu la gentillesse de nous faire un petit topo sur l’exploration de Darwin, embarqué sur le Beagle… Merci à lui!

Lionel, Nelly, Anna et Nils bivouaquant au bord du Canal de Beagle, à 2 pas du Cap Horn: incroyable ! Ils l’avaient dit … ils l’ont fait.

BEAGLE c’est le nom du navire sur lequel Charles Darwin ( 1809-1882 ) embarque, en 1831, à 22 ans. Il vient de terminer ses études de théologie à Cambridge et se sent peu motivé par la vie de pasteur de campagne, il préfère tenter l’aventure en acceptant d’être l’unique passager payant, chargé surtout de tenir compagnie au Capitaine Robert Fitz Roy, guère plus âgé que lui ( 26 ans ).

Comme le but de l’expédition est de dresser une cartographie précise des côtes de l’Amérique du Sud, les 2/3 du temps se passent à terre. Mais au fil de ce voyage qui durera 5 ans ( 1831-1836 ) Darwin, doué d’une curiosité insatiable devient un excellent naturaliste. Il en résultera 2 livres majeurs:

-en 1839 « Le voyage du Beagle » Récit d’un voyage plein de rebondissements et accumulation d’observations scientifiques. Jules Verne a dû s’en inspirer !
-en 1859 « L’Origine des Espèces » Formulation de la théorie de l’Evolution, sans doute le livre le plus incendiaire de l’histoire de la science.

En affirmant que ce n’est pas Dieu mais le hasard des mutations génétiques et les nécessités de la survie, qui expliquent une création continuelle d’espèces nouvelles, au fil de millions d’années, il met en miette le récit biblique de la Création en 6 jours, il y a 6.000 ans, des animaux et de l’homme.

Son autre intuition de la parenté de toutes les espèces est aujourd’hui vérifiée par les découvertes de la génétique lesquelles suggèrent l’existence, il y a 3 milliards d’années d’un LUCA: Last Universal Common Ancestor, ancêtre unique de toutes les formes de vie sur terre.

Charles Darwin finira ses jours heureux, entouré d’une belle famille de 9 enfants, mais rendu définitivement athée par la mort, à l’âge de 10 ans, de sa fille Annie.

Son dernier sujet d’étude est écologiquement prophétique: comment les lombrics contribuent ils à la composition des sols ?

Un sujet qui devrait plaire à Lionel !

Pam

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Terre de Feu chilienne: manchot royal à Onaisin

En remontant d’Ushuaïa, nous avons décidé, pour rejoindre le Chili, de passer par le point de frontière de Bella Vista qui se fait en traversant un petit gué. Indiqué nul part dans les guides (mais trouvé par Lionel le fin limier!), ce point de passage est tout à fait charmant, tenu par quelques familles argentines et chiliennes. Côté argentin, ce sont les enfants qui ont tamponné les passeports et levé la barrière! Bien plus intimiste que San Sebastian, ce point de passage nous aura surtout permis de découvrir et d’adorer la Terre de feu côté chilien, absolument charmante avec ses forêts, ses lacs et ses grandes étendues, bref une grande variété de paysages!

Manchot royal

Sur la route qui nous conduit à Porvenir, d’où nous prendrons le bateau pour rejoindre Punta Arenas, stop à proximité d’Onaisin l’unique endroit où il est possible de voir des manchots royaux en Terre de Feu. Pour info, pour vous aider à faire la différence avec le manchot empereur, sachez que le manchot royal possède des taches auriculaires orange vif en forme de cuillère (bien visibles), et la base de sa mandibule inférieure varie de l’orange au rougeâtre. Bon, la propriétaire du terrain sur lequel séjournent les manchots a l’air d’avoir trouvé un bon business mais bon… l’occasion nous sera donné par le gardien du site d’aller voir les pingouins pour moitié prix en dehors des horaires d’ouverture, on a saisi l’occasion!