Nos adieux à l’Amérique du Sud: Cartagena-Colon avec FerryXpress

Après une journée d’enfer administratif, nous sommes sur le ferry en direction du Panamá ! Incredible! À nous l’Amérique centrale.

Nous avions perdu tout espoir et venions de passer une bonne partie de la journée à rencontrer les transitaires pour organiser un envoi du camping car par cargo pour le Panama. Je parle de tout espoir de pouvoir prendre le fameux ferry, qui relie Carthagène à Colon au Panama car la compagnie nous avait annoncé il y a quelques jours qu’ils ne prenaient plus de véhicules jusqu’à nouvel ordre, faute de place pour manoeuvrer sur le port de Colon… Cela aurait été pourtant un énorme gain de temps, de sécurité, d’argent et de simplicité administrative par rapport au cargo. Cette nouvelle avait même réussi à nous gâcher un peu le début de notre semaine « doigts de pied en éventail » au camping Los Angeles en bordure du parc de Tayrona…
Et puis soudain, un mail, une ligne, quelques mots, à 6h du soir : « nous vous attendons pour l’embarquement. Rendez-vous demain à 8h au port ».In-croy-able!!! On saute de joie – mais pas trop quand même histoire de ne pas se porter la poisse.
Lever le jour J à 6h30 pour entamer une longue, trèèèès longue journée faite d’attente et d’étapes avant de pouvoir monter dans le ferry. A 10h du matin, il fait déjà un bon 35°C et une humidité étouffante. Première originalité, c’est Lionel qui va apprendre à chacun de nos interlocuteurs dans le port que Ferryxpress prend aujourd’hui des véhicules et cela à titre exceptionnel. A chaque refus de la part d’un des gars du port sur la possibilité de prendre le ferry, nous appelons Ferryxpress « Si si, c’est seguros Mr « Pigeot », vous prenez le ferry aujourd’hui. Ils ne le savent pas encore mais ils vont avoir l’autorisation de vous faire entrer!!! ». Un gag. Première étape: lavage du véhicule. Deuxième étape: fumigation. Troisième étape: il est 15h30, nous entrons enfin dans le port pour passer une heure plus tard le contrôle des narcotiques ainsi que les formalités de douane pour le camping-car. Vers 17h, quatrième étape: c’est à notre tour de passer à la migration. La nuit est tombée maintenant, nous sommes garés au pied du ferry. Cette fois-ci je crois que c’est bon!!! Les cales du ferry comptent en tout et pour tout trois véhicules, les nôtres.

C’est le coeur un peu serré que nous voyons au loin s’éloigner les lumières de Carthagène car nous quittons pour de bon l’Amérique du Sud… 13 mois passés sur ce formidable continent. J’aurais quand même préféré lui faire nos adieux d’une manière un peu plus solennelle… Plus d’un an passé sur cet incroyable continent, chaque pays que nous avons traversé est d’une grande diversité, avec pour point commun avec son voisin l’usage de la langue espagnole. Elle va nous manquer cette belle Amérique du Sud. L’exubérance toute italienne des Argentins, la rigueur et l’ambition chilienne, cette pierre précieuse à l’état brut qu’est la Bolivie, la fierté quelque peu arrogante péruvienne, la douceur des Équatoriens et enfin l’insolante joie de vivre des Colombiens…

 

INFOS PRATIQUES

Ce qui suit ne concerne que le voyage Cartagena-Colon. Pour information, la solution ferryXpress nous aura couté 900$USD (vehicule+cabine pour 4 personnes) au lieu de la solution cargo comprenant 4000$USD (vehicule) + 400$USD/personne (avion ou voilier) + hotels + resto+…

Ce ferry italien a été loué avec son équipage italien par un riche panaméen (propriétaire du port de Colon et de la chaine d’hotel Radisson) qui semble t-il a l’intention entre autres de bousculer les lignes du marché du transport maritime entre les deux pays. Pourquoi le service véhicule a du mal à démarrer ? Parce que, volontairement ou non, FerryXpress n’a RIEN anticipé au niveau des Migracion et Aduana des deux pays. Ces derniers se sentent un peu bousculés… Ca coincerait surtout côté panaméen. Tout se met en place petit-à-petit. De loin, cela donne l’impression d’un passage en force sinon, vu la puissance du lobby des compagnies de cargo, FerryXpress n’aurait jamais obtenu les autorisations. Enfin, comme évoqué plus haut, l’autre raison de l’arrêt temporaire du transport de véhicules est le manque de place dans le port de Colon pour faire la manoeuvre nécessaire pour l’embarquement/débarquement de véhicules. Un comble alors que l’initiateur du projet est aussi le propriétaire des lieux…
A ce jour, selon l’agence maritime Rozo (représentant de FerryXpress au port de Cartagena), une centaine de véhicules ont déjà fait la traversée dans les deux sens. Peu au regard de la capacité du ferry. Dans la grande majorité ce sont des véhicules étrangers et quelques panaméens car la procédure de traversée des véhicules colombiens semble pour le moment compliquée. Selon le couple La Rota (agents de douane contactés pour la solution cargo) il n’existe pas un marché suffisant pour que ce projet de ferry perdure : il est plus intéressant pour les colombiens de louer une voiture sur place au Panama et, du côté fret, la douane colombienne freinera l’importation des produits chinois exportés sans contrôle par le Panama. L’avenir nous dira qui a raison…

Cela semble simple écrit comme ça mais en réalité on a passé deux journées à Cartagena et Colon dans une chaleur étouffante à courir après les bonnes personnes pour avoir les bons papiers. Un vrai parcours du combattant. A Cartagena, nous devions convaincre chacun de nos interlocuteurs que le ferry du jour prenait les véhicules. J’imagine que la procédure sera mieux balisée quand la ligne aura repris régulièrement à partir de la mi-janvier.

1 – Prendre son billet au plus tard jusqu’à 11h le jour du départ

2 – Se déplacer à l’agence maritime Rozo (représentant de FerryXpress au port de Cartagena) pour fournir les papiers suivants :
– copie du passeport du propriétaire du véhicule
– copie du certificat d’immatriculation du véhicule (carte grise)
– copie de la SOAT en cours de validité
– présenter l’original de l’importacion temporada de la DIAN dont Rozo fera une copie elle-même
Payer 25USD et ne pas perdre le reçu qui sera exigé pour entrer dans le port.
Pour info, renseignez-vous avant de vous déplacer car il y a de fortes probabilités qu’un représentant de Rozo soit présent à l’entrée du port quand le service véhicule reprendra.

3 – Devant l’entrée du port
Possibilité de bivouaquer en face de l’entrée du port (parking sans ombre)
– faire laver le véhicule de l’autre côté du boulevard (+/- 30.000pesos)
– faire faire la fumigacion sur le parking en face de l’entrée. Une société privée mandatée par le ministère de l’Agriculture passera une heure avant l’heure d’autorisation d’entrée dans le port. En échange des 70.000pesos ou 35USD, vous recevrez un reçu et un certificat de la fumigacion en double exemplaire. Conseil : insistez pour un traitement seulement exterieur car le produit a été puissant au point de donner des vertiges au motard qui en a laissé tomber sa moto…

4 – Quand vient l’heure d’entrée des véhicules dans le port (pour nous 15h30), se présenter à la grille avec :
– le certificat de la fumigacion
– l’importacion temporada de la DIAN (appelé aussi BL)
– le reçu du paiement à l’agence Rozo

5 – Se garer sur le parking où attendent aussi les taxis. Puis, au signal, se garer 200m plus loin où sont effectués en même temps :
– le contrôle des anti-narcoticos (fouille+chien)
– l’autorisation de sortie du véhicule par un douanier de la DIAN/Aduana qui demande les originaux des papiers suivants : certificat d’immatriculation (carte grise) + passeport du propriétaire du vehicule + original de l’importacion temporada de la DIAN qu’il gardera.
– un agent demande l’une des copies du certificat de fumigacion

6 – Se garer au pied du bateau et retourner à pied au terminal pour faire la classique Migracion. Préciser le sens de votre voyage et avec un véhicule. Remise d’un papier avec le numéro de votre cabine.

7 – Retour à pied au véhicule et embarquement. Hi ! Ha ! Attention : pas d’accès aux véhicules pendant la traversée.

8 – Arrivée au port de Colon : contrôle des papiers du véhicule, fumigacion, contrôle anti-narco avec chien.

9 – Ne pas attendre dans votre coin comme on vous le demande et engager la procédure de Migracion dans l’un des deux grands halls. Faites attention parce qu’ils nous avaient oublié ! IMPORTANT : toujours repréciser que vous souhaitez entrer au Panama car le manque d’organisation de cette frontière fait que les douaniers à qui vous parlez sont en contact avec ceux qui entrent et sortent du pays.

11 – Récupérer les trois ou quatre exemplaires de votre BL (« Vess Offshore » en entête) produit par FerryXpress, auprès des deux personnes de la table située à l’extérieur à l’entrée du parking du port.

12 – Assez vite, appeler/chercher Kathy (Katherine Bula) qui travaille pour le port pour enclencher la procédure d’importation de véhicules étrangers. C’est elle qui vous fournira la SOAT (30$). S’en suit après un enfer de papiers à faire faire à un guichet puis à faire tamponner à un second puis à photocopier à un troisième puis à retourner à un dernier. Il serait impossible de détailler tout ça… On vous conseille de vous armer de patience et surtout de 5-6 photocopies de vos papiers (passeports, carte grise,…). Ca sera toujours ca de moins en aller-retour (il fait chaud !) et photocopies à payer (0,50 cts).

13 – Si ce gymkhana se termine au couché du soleil, vous avez la possibilité de demander de dormir sur place moyennant 5$. Garder le reçu pour sortir le lendemain. Comptez 1h pour vous rendre à Colon.
Points GPS CARTAGENA
Entrée embarcadère : N10.40637 W75.52736
Agence maritime Rozo : N10.39653 W75.52113
Douane Diane (si problème à l’embarcadère) : N10.40913 W75.53489
Agent douane La Rota (solution cargo) : N10.40918 W75.53233

Contacts CARTAGENA
Agence Rozo : Mme Odelis Salas – 3157525659/6624683 – documentacion@therozogroup.com
Aduana : Alvaro Rojo, le fonctionnaire de la DIAN qui produit l’autorisation de sortie du vehicule

Contacts COLON :
Katherine Bula : +50762416415

 

Rendez-vous à Carthagène

Voilà que nous rejoignons la côté Caraïbe de la Colombie. Cela fait de longs mois que nous rêvions d’un bain dans ces eaux-là. Nous élisons domicile au camping Los Angeles, non loin du parc de la Tayrona. Une semaine va s’écouler au rythme des vagues … Bien tranquillement ma foi…
Nous partons ensuite rejoindre Carthagène des Indes. Rien que le nom fait rêver. Nous avons rendez-vous avec Tim et Marc, des cousins de Lionel, qui nous font le plaisir de venir passer le week-end avec nous. Ils arrivent de Baltimore aux Etats-Unis. Là, il fait encore plus chaud et l’humidité est un peu dure à supporter. Après une ou deux nuits dans le camping-car, c’est décidé et c’est sans négociation possible : on prend une chambre avec ventilateur au plafond dans l’hôtel Bellavista où nous sommes stationnés. Un bonheur.
Après avoir récupéré nos deux gringos, nous voilà en route pour fêter l’anniversaire de notre poulette sur les hauteurs de la ville. Le lendemain, c’est destination plage à playa Blanca : mer transparente, soleil de plomb et farniente à gogo.