Cusco et sa vallée sacrée

Nous avons rejoint Cusco et son camping de voyageurs. Il nous aura fallu 10 heures de route depuis le canyon de Colca. Heureusement que l’on ne fait pas ça tous les jours! C’est toujours agréable d’arriver dans ce genre de camping d’overlanders. A peine le portail franchi, on balaye du regard tous les véhicules pour repérer des « visages » connus. « Ah, voilà Kathryn et Ronald, on savait qu’ils étaient là, ah… mais il y a aussi les Danois et ce couple russo-polonais avec leur combi américain. etc, etc… » Et on fait aussi à chaque fois des nouvelles rencontres. Les enfants s’échappent en courant du camping-car pour rejoindre leurs amis et nous partons de notre côté nous enquérir des questions devenues rituelles: lavanderia, wifi, point d’eau, supermarket, …
Après un ou deux jours à visiter cette belle ville trèèèès touristique, nous nous enfilons dans la vallée sacrée pour rejoindre le mythique Machu Picchu. Nous nous arrêtons une première nuit sur le site de Moray où les Incas avaient mis en place un ingénieux système de terrasses circulaires, afin apparemment de tester les cultures, chaque terrasse ayant son micro-climat. Le lendemain, nous nous dirigeons vers les salinas de Maras, là aussi culture en terrasse mais cette fois-ci pour récolter le sel issu d’une source d’eau chaude. C’est impressionnant! Puis nous reprenons la route vers le Machu Picchu.

Les condors du canyon de Colca

Nous avons quitté Arequipa. Ouh la! On y était depuis 2 jours seulement et nous voilà déjà repartis ? On se fait peur là, que se passe-t-il? Il se passe tout simplement qu’un petit bruit de montre revient insidieusement à nos oreilles depuis quelques jours. On est mi-septembre et il nous reste « tout » le Pérou à découvrir, puis l’Equateur, puis la Colombie tout en visant la fin de l’année pour rejoindre l’Amérique centrale si l’on se décide à aller aux States. Donc, voilà, faudrait qu’on accélère un peu…
Nous sommes donc aux portes du canyon de Colca qui laisse apparaître au fil des kilomètres ses flans cultivés en terrasse. Les paysages sont sublimes. Là, on va direct se poser sur le parking de la Cruz del condors. C’est de là que l’on devrait voir le lendemain matin le vol de ces majestueux oiseaux qui attendent les « thermiques ou courants ascendants », me dit Lionel, pour remonter du fond du canyon et tournoyer au dessus de nous. C’est réussi. C’est beau. Nous y passons la matinée.
Puis nous remontons vers le début du canyon. Une belle balade nous mène jusqu’aux ruines d’un ancien village que les habitants ont été contraints par les Espagnols d’abandonner pour aller s’installer ailleurs… Ca commence à sentir l’automne en France?  c’est tout le contraire ici! Le printemps n’est pas loin et dans les champs les paysans se hâtent pour retourner la terre et semer. Il y a justement une famille qui est en train de s’activer sur deux parcelles, nous passerons un long moment avec elle.
Nous partons ensuite nous installer pour la nuit sur le parking des thermes de Shivay pour être prêts dès le lendemain à sauter dans un eau à 38°. Trempette pour notre dernière matinée dans le canyon puis petite balade depuis le village de Coporaque où la pluie est menaçante. Avec Anna et Lionel, alors que nous devisions sur les meilleures techniques à adopter par temps de pluie, nous arrivons à la conclusion que le mieux est quand même de se promener tout nu… ce qui fait beaucoup rire Anna, ou, ou,ou, de ne pas sortir de chez soi (dit Lionel)…

On est passé par Arequipa

Nous avons quitté les rives du lac Titicaca pour rejoindre Arequipa, belle ville coloniale à quelque 5 heures de route. Il y fait très doux, ce qui fait du bien! Nous sommes à 2350 m d’altitude, la mer est à 2h de route, on l’imagine à 5 minutes en déambulant dans les rues de la ville…Elle nous manque un peu…
Mer ou pas mer, nous replongeons dans le monde de la consommation. Notre premier objectif est de remplir le frigidaire grâce au grand supermarché situé à quelques mètres du parking de l’hôtel Las Mercedes où nous stationnons pendant ce séjour. Dès le lendemain de notre arrivée, nous partons visiter le monastère santa Catalina, qui abrita jusqu’à 200 Soeurs (plus les laïques), bref une petite ville dans la ville, parfaitement conservé, qui compte aujourd’hui 20 Soeurs à demeure. Au fil des mois, on s’est habitué à cette présence permanente de l’empreinte de l’Eglise catholique et des Espagnols. Pas une seule ville, pas un seul village, fut-il perdu à des centaines de kilomètres des grands axes de circulation, n’a pas son église et ses restes de demeures coloniales. C’est impressionnant et parfois même un peu troublant car on devine et on comprend petit à petit combien, pour être aussi présente, cette empreinte a dû être forte et marquée sur ces habitants d’Amérique du Sud qui étaient à des années lumière de tout cela.
Nous passons à Arequipa deux jours très agréables, on y goûte nos premiers ceviches (poissons marinés dans du citron), succulents…, et on squatte… le Starbuck Café… : comme c’est rassurant – et agréable- de se plonger de temps en temps dans les standards internationaux…